Pour les faillites autres que les "administrations sommaires", la Loi sur la faillite et l'insolvabilité exige que dans un délai de 21 jours de la date de la faillite, le syndic convoque tous les créanciers du failli à une assemblée afin de prendre certaines décisions relatives à l'administration de la faillite.
Depuis le 30 septembre 1997, pour les "administrations sommaires" telles que définies par l'art. 155 de la Loi (dossiers dont la réalisation estimée est inférieure à $10,000.00), le syndic n'est pas tenu de convoquer une assemblée des créanciers à moins que le séquestre officiel ou 25% des créanciers qui ont prouvé leur réclamation n'en fasse la demande au syndic dans les 30 jours qui suivent la date de la faillite. Dans ce cas, la procédure est la même que pour les autres dossiers.
QUI Y ASSISTE ?
Théoriquement, cette assemblée réunit normalement le
failli, tous les créanciers qui désirent y assister et/ou leurs
représentants, le syndic ou son représentant et le séquestre
officiel. Cependant, il est fort possible que d'autres personnes désirent
y assister; la décision d'autoriser leur présence reviendra
donc aux créanciers, puisque cette réunion est la leur. Pourtant,
dans la pratique, très peu de créanciers assistent aux
assemblées dans les faillites de consommateurs. Très souvent,
le failli est seul avec le président de l'assemblée. Par contre,
pour un dossier commercial, les créanciers ont un plus grand
intérêt à se rencontrer et discuter avec le syndic et
le failli puisqu'il y a normalement plus d'argent en jeu et plus d'actifs
à réaliser.
QUI PRÉSIDE ?
La Loi sur la faillite a encore une fois réglé cette question.
Pour ce qui est de la première assemblée des créanciers
dans une faillite ou une proposition, la Loi attribue cette responsabilité
au séquestre officiel ou à la personne désignée
par lui. Grâce à cette alternative, le séquestre officiel
peut se décharger de la présidence de quelques assemblées
et déléguer cette responsabilité au syndic ou à
un membre de son personnel. Pour ce qui est des autres assemblées
de créanciers, la Loi attribue la responsabilité de la
présidence au syndic.
POURQUOI CETTE ASSEMBLÉE ?
L'article 102 de la Loi en établit les buts, soit: l'examen des affaires
du failli, la confirmation de la nomination du syndic, la nomination des
inspecteurs et la communication au syndic des instructions des
créanciers.
CE QUI S'Y PASSE EN RÉALITÉ ?
Puisque la Loi établit les buts que l'assemblée doit atteindre,
un processus s'est développé avec les ans afin de les rencontrer.
Un ordre du jour a été établi et il est à peu
près le même à toutes les assemblées; il n'y a
que le contenu des discussions qui change.
Tout d'abord, le syndic doit faire un rapport aux créanciers. Ce rapport,
normalement écrit mais qui peut être verbal dans les dossiers
de faillites sommaires, doit démontrer ce que le syndic a fait depuis
qu'il a été nommé. Quels sont les actifs que le failli
possédait? Font-ils partie des actifs cédés au syndic
ou non? Détails des créances garanties? Les créanciers
sont-ils sensiblement les-mêmes que ceux qui ont été
déclarés par le failli? Qu'est-ce que le syndic espère
réaliser de la vente des actifs ou autrement? Devra-t-il utiliser
les services d'un avocat, entreprendre des poursuites ou présenter
une défense? Et finalement, combien croit-il être en mesure
de verser aux créanciers à titre de dividendes?
Vient ensuite le rapport du séquestre officiel. Si le séquestre
préside et s'il a procédé à un interrogatoire,
il dévoile les informations qu'il a obtenues lorsqu'il a
procédé à l'interrogatoire du failli et qu'il juge
suffisamment importantes pour que les créanciers en soient informés.
Les créanciers peuvent alors poser toutes les questions qu'ils veulent
au syndic sur son rapport, au séquestre officiel sur l'interrogatoire
et au failli. Le failli se doit de répondre aux questions des
créanciers puisque l'article 158(h) de la Loi l'exige. Toutefois,
ce dernier n'est pas obligé de prêter serment lors de cette
assemblée.
La nomination du syndic doit maintenant être débattue. En pratique,
le débiteur qui veut faire faillite choisit son syndic. Le séquestre
officiel qui a la responsabilité de nommer le syndic, désigne
habituellement celui qui a été choisi par le failli. Cette
nomination n'est pas définitive puisque les créanciers ont
le choix d'accepter ce syndic ou d'en nommer un autre à sa place.
Un tel changement est toutefois assez rare et les créanciers sont
généralement d'accord de laisser le syndic déjà
nommé continuer son administration jusqu'à la fin.
Si un ou des créanciers veulent changer de syndic, il
ou ils doivent d'abord obtenir l'accord d'un autre syndic qui acceptera ce
rôle, que ce soit par écrit ou en personne à
l'assemblée. Le créancier qui a l'intention de demander une
substitution aurait avantage à demander au séquestre officiel
de présider cette assemblée, puisque cette charge est souvent
déléguée au syndic. La proposition de substitution sera
alors débattue en assemblée et un vote sera pris à
majorité simple (i.e.: un dollar de réclamation
= un vote). S'il y a substitution, après l'assemblée,
le nouveau syndic demandera au syndic substitué de lui remettre le
dossier, les livres et les actifs.
Lorsque la décision sur le syndic est réglée, les
créanciers peuvent maintenant désigner des inspecteurs. Ces
inspecteurs sont des personnes que les créanciers nomment pour les
représenter auprès du syndic. Leur rôle consiste à
:
Pourquoi ces responsabilités? Tout d'abord, parce que
la Loi stipule que le syndic doit obtenir l'autorisation des inspecteurs
avant de poser certains gestes et ensuite parce qu'ils doivent vérifier
ce que le syndic a fait pendant son administration, que ce soit au niveau
de la réalisation, des dépenses ou de ses honoraires.
Théoriquement, le rôle du syndic est de réaliser les
actifs du failli afin d'en faire la distribution aux créanciers; les
inspecteur ne font que s'assurer que le syndic utilise les moyens à
sa disposition pour bonifier la réalisation des actifs et distribuer
le maximum à la masse des créanciers. Dans les petits dossiers,
communément appelés "Administrations Sommaires", bien qu'il
soit possible de le faire, il est très rare que des inspecteurs soient
nommés.
Avant la fin de l'assemblée, les créanciers peuvent aussi
décider de donner des instructions au syndic et ce dernier est tenu
de les respecter. De telles instructions pourraient être faites
relativement à la façon de réaliser certains actifs,
au sujet du prix de vente des actifs ou encore sur des poursuites que les
créanciers voudraient voir prises par le syndic, etc. Il faut noter
qu'une décision prise par l'assemblée des créancier
a une valeur prépondérante à une décision prise
par une assemblée d'inspecteurs.
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Copyright © 1996 Raymond G. Paquet
Revisé le 20 juillet 1999