La Loi sur la faillite demande au failli de se présenter devant le séquestre officiel pour subir un interrogatoire sous serment. Cet interrogatoire est cause de soucis pour plusieurs faillis et peut, dans certains cas, devenir une expérience traumatisante.
Le présent document vise à démystifier cette étape du processus de la faillite et répondre à certaines questions que se posent les faillis.
QUI EST LE SÉQUESTRE OFFICIEL ?
C'est un fonctionnaire fédéral employé
par la Direction des Faillites, au ministère de Industries Canada.
Cette personne a quelques tâches à accomplir dans chaque faillite
et l'interrogatoire en est une. L'interrogatoire et la première
assemblée des créanciers sont normalement les deux seules occasions
où le failli aura à faire avec le séquestre officiel;
pour le reste de l'administration, le séquestre officiel transigera
avec le syndic.
POURQUOI UN INTERROGATOIRE ?
Parce que le législateur a cru bon de désigner
une personne impartiale pour vérifier ce qui s'est passé avant
la faillite. Le rôle du séquestre officiel est de vérifier
ce qui a causé la faillite, comment s'est comporté le failli
avant la faillite et ce qu'il a fait de ses actifs.
QUEL FAILLI EST INTERROGÉ ?
En principe, tous les faillis peuvent être interrogés.
Cependant, à cause du grand nombre de dossiers que le séquestre
officiel doit surveiller, il est contraint de faire une sélection
dans les dossiers pour établir quel failli sera interrogé.
Les critères sur lesquels il se base pour faire son choix sont nombreux,
et le fait qu'un tel failli est sélectionné ne devrait pas
l'inquiéter ou être considéré comme une indication
que quelque chose est anormal.
QUAND A LIEU L'INTERROGATOIRE ?
Normalement, le séquestre officiel préfère
procéder à l'interrogatoire avant la première
assemblée des créanciers, soit dans les trois semaines qui
suivent la faillite. La Loi de 1997 a étendu la période pour
permettre que le failli soit interrogé avant la date de
libération.
OÙ A LIEU L'INTERROGATOIRE ?
Normalement, le séquestre officiel convoque le failli
à son bureau ou au Palais de justice à partir duquel il dessert
une localité éloignée de son bureau. Il n'est pas impossible
que le séquestre officiel procède aux interrogatoires des faillis
au bureau d'un syndic lorsqu'il assiste ou préside une première
assemblée de créanciers, étant donné que le failli
doit aussi être présent.
COÛT DE DÉPLACEMENTS ?
Dans certains cas, les frais que doit subir un failli pour
se rendre au bureau du séquestre officiel sont élevés.
Bien que le failli soit obligé de se présenter devant le
séquestre officiel pour y subir son interrogatoire, il pourrait à
la rigueur demander le paiement de ses frais de déplacement (article
166).
ATTITUDE DEVANT LE SÉQUESTRE OFFICIEL ?
Les questions que pose le séquestre officiel
n'ont pour but que de l'éclairer sur les évènements
qui ont mené à la faillite et aussi pour s'assurer que le failli
n'a pas commis d'irrégularités. Le failli devrait donc tout
simplement répondre aux questions qui lui sont posées, le plus
franchement possible et sans essayer "d'oublier" ou de cacher une partie
des réponses sinon, il peut être poursuivi. La Loi sur la faillite
et l'insolvabilité prévoit que le refus de répondre
ou la fausse déclaration faite sous serment sont des infractions
criminelles.
RÉSULTATS DE L'INTERROGATOIRE ?
Une fois l'interrogatoire terminé, la Loi prévoit
que le séquestre officiel doit compléter un rapport sur les
faits qui, de son avis, doivent être soulignés. De plus, il
doit envoyer une copie de ses notes et de son rapport à la Cour et
au syndic, et lors de la première assemblée, le contenu du
rapport sera divulgué aux créanciers présents. Si
l'interrogatoire a lieu apès l'assemblée des créanciers,
le rapport pourra être transmis aux créanciers qui en auront
fait la demande.
Ce rapport contiendra habituellement certaines informations que la Cour, le syndic et les créanciers veulent connaître tel:
Dans la majorité des cas, le rapport ne contient que très peu d'éléments puisque le séquestre officiel n'inclus dans son rapport que des faits qui sortent de l'ordinaire.
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Copyright © 1996 Raymond G. Paquet
Révisé le
27 novembre 2003