LES PROBLÈMES FINANCIERS
ET LEURS SOLUTIONS
(par Raymond G. Paquet, syndic)
Les causes les plus fréquentes des problèmes
financiers sont les suivantes:
-
Perte d'emploi
-
Alcool et drogue
-
Jeu
-
Mauvaise administration du budget
-
Irresponsabilité face aux créanciers
-
Problèmes familiaux
-
Maladie
Dans plusieurs cas, plus d'un de ces facteurs sont responsables
des problèmes que doivent vivre un débiteur et sa famille.
Cependant, quels que soient les facteurs ayant causé les troubles
financiers, le débiteur devra éventuellement trouver une solution
à ses problèmes sinon la situation ne fera que s'aggraver.
La solution peut varier d'une personne à l'autre selon
la nature des problèmes et les différentes circonstances qui
les ont causés. Sans être exaustive, voici une liste des options
que le débiteur pourra considérer:
Chacune de ces solutions comporte des avantages et évidemment
certains désavantages.
RÉDUCTION DES DÉPENSES
C'est la meilleure solution si elle est réalisable.
Cependant la réduction des dépenses est souvent difficile,
voir impossible puisque dans certains cas, les revenus suffisent à
peine à couvrir le minimum vital.
EMPLOI ADDITIONNEL
Pour la personne dont la santé et les circonstances
le permettent, un supplément de revenu permettra de couvrir les manques
à gagner et pourra même, à certaines occasions, permettre
un peu de surplus. Trouver un emploi additionnel n'est pas toujours la solution,
puisque bien des gens n'ont même pas accès à un premier
emploi. De plus, il est connu de tous que les connaissances, les
compétences, l'âge, les problèmes personnels et financiers
sont tous des facteurs qui influent sur les possibilités de trouver
un emploi. De plus, malgré toute la bonne volonté, il n'est
pas toujours facile de trouver un emploi.
RÉPARTITION DES PAIEMENTS
La répartition des paiements consiste à
verser à une seule personne toutes les sommes que le débiteur
est en mesure de verser, indépendamment de la fréquence. Cette
personne verse ensuite toutes ces sommes au prorata aux différents
créanciers. Encore là, c'est une excellente solution pour la
personne dont les revenus et la situation permettent d'envisager le
règlement complet des dettes, avec l'aide de cette personne qui
s'occuperait de percevoir des paiements suffisamment élevés
pour satisfaire l'entente. De plus, il faut considérer que tous les
créanciers doivent accepter sinon le plan ne pourra se
concrétiser.
CONSOLIDATION DE DETTES
Il s'agit d'obtenir un prêt d'une institution prêteuse,
lequel permettrait de payer la totalité ou la quasi totalité
des dettes et permettre de faire ainsi un seul versement mensuel. Voici une
bonne solution pour la personne qui possède un bon emploi et une bonne
réputation de crédit et/ou un bon endosseur mais, ce n'est
pas toujours le cas. Souvent le débiteur n'a plus d'emploi, ses
références de crédit sont mauvaises et il ne peut trouver
cet endosseur tant désiré; il ne peut donc trouver de prêteur
disponible. Il faut cependant faire bien attention que la consolidation soit
accordée pour permettre de réduire le total des paiements mensuels
de telle sorte que le budget puisse dorénavant balancer. Une consolidation
partielle est souvent une mesure qui ne fera que prolonger le problème
de quelques mois. De plus, il faut se rappeler que l'endosseur prend la
responsabilité du prêt et qu'il devra l'assumer si l'emprunteur
fait défau
.
DÉPÔTS
VOLONTAIRES
La Loi des dépôts volontaires fournit au
débiteur en proie à des problèmes financiers, une protection
contre les saisies de ses meubles et de son salaire. Le débiteur devra
cependant verser au Centre de Distribution, au Palais de Justice de sa
localité, la partie saisissable de son salaire
qui varie selon la situation familiale de chaque individu. L'inconvénient
de cette solution est que seuls les salaires et meubles du débiteur
sont protégés. De plus, les dépôts établis
par la Loi sont, pour les gens à faibles revenus, souvent trop
élevés et, le défaut de se conformer à la Loi
élimine toute protection.
La
description complète de ce processus est disponible au site du
Ministère de la Justice du Québec.
VENTE D'ACTIFS
Dans les cas où le débiteur possède des
actifs de valeur, voici une excellent solution. Si les actifs sont sous lien,
i.e. qu'ils ont été cédés en garantie soit par
un contrat de vente conditionnel, nantissement, gage ou hypothèque,
la vente de l'actif, moyennant paiement du créancier garanti,
libérera cette dette et permettra souvent de passer au travers. Le
désavantage existe lorsque le débiteur n'a pas d'actif, que
ses actifs sont sans valeur marchande ou qu'il a besoin de tous ses biens
pour vivre décemment. On doit réaliser qu'un actif usagé
ne peut générer la même valeur qu'à l'état
neuf et que sa vente dans certains cas, ne fera que retarder
l'échéance d'un désastre inévitable.
SUBIR DES POURSUITES
Le débiteur qui préfère attendre d'être
poursuivi ou saisi par ses créanciers ne fait que prolonger son agonie
financière. Les poursuites ne feront qu'accroître les sommes
déjà dûes aux divers créanciers et les saisies,
pour autant que le produit de la vente par le shérif puisse réaliser
suffisamment pour couvrir les frais de vente, ne feront qu'éponger
une faible partie des dettes et le solde sera quand même exigible.
PROPOSITION DE
CONSOMMATEUR
Voici une autre façon de négocier une entente
avec les créanciers. Cette option est réservée aux
débiteurs consommateurs, i.e. dont les dettes, excluant
l'hypothèque, sont inférieures à $75,000.00.
Le dépôt auprès d'un syndic d'une telle
offre a pour effet de faire cesser toutes procédures prises par tous
les créanciers. Elle comporte certains avantages par rapport à
la proposition concordataire qui suit. Tout d'abord, l'administration du
dossier est simplifiée; donc, moins de frais pour tout le monde.
Contrairement à la proposition concordataire, si l'offre est
refusée, il n'y a pas de faillite automatique. La Loi a cependant
limité à 5 ans la durée de la proposition. Un débiteur
ne peut donc éterniser son offre et les créanciers ne peuvent
exiger des paiements plus longtemps. L'avantage sur les dépôts
volontaires est que TOUS les créanciers doivent cesser
TOUTES poursuites et TOUS les actifs sont
protégés lorsque la proposition est acceptée par les
créanciers et respectée par le débiteur. De plus, il
n'est pas nécessaire que tous les créanciers acceptent, une
majorité favorable est suffisante pour que tous les créanciers
soient contraints de l'accepter. (Un document plus complet traite de ce suget)
PROPOSITION
CONCORDATAIRE
Une proposition concordataire est le processus en vertu de
la Loi sur la faillite et l'insolvabilité, qui permet à un
débiteur d'offrir à ses créanciers un règlement
différent de l'entente originale qu'il avait avec eux. On offre de
payer moins que le montant prévu ou de le payer sur une période
plus longue. Cependant, la section de la Loi sur la faillite qui traite des
concordats n'a pas été conçue pour faciliter
l'administration des propositions concordataires de débiteurs
consommateurs, mais pour régler les propositions commerciales. De
plus, les créanciers ont été mal étrennés
dans plusieurs dossiers de propositions concordataires de consommateurs qui
n'ont pas été respectées. Leur attitude négative
commence à changer.
La Loi permet quand même les propositions concordataires
faites par les consommateurs et cette solution est souvent très
avantageuse puisqu'elle fait surseoir à toutes procédures prises
contre le débiteur. De plus, le débiteur conserve la possession
et l'usage de ses biens pendant qu'il paie à ses créanciers
la somme qui sera considérée comme règlement final.
Le désavantage de cette solution est que le débiteur doit
convaincre ses créanciers qu'il est de bonne foi et que la proposition
est à leur avantage. De plus, un éventuel refus des
créanciers ou de la Cour d'accepter la proposition entraîne
la faillite automatique. (Un document plus complet traite de ce suget)
FAILLITE
En résumé, la faillite est la cession par un
débiteur insolvable de tous ses biens (non déclarés
insaisissables) à un syndic, pour que ce dernier les vende ou les
réalise, et distribue le produit aux différents créanciers
de ce débiteur. Cette solution devrait être, dans la majorité
des cas, la dernière à être envisagée, puisque
le débiteur doit remettre au syndic tous les biens saisissables qu'il
possède et ceux qu'il va acquérir pendant sa faillite. Elle
a pour avantage, comme les propositions d'arrêter les réclamations
et les poursuites de tous les créanciers. Les créanciers garantis
seront par contre traités différemment des autres créanciers.
Après neuf mois, le failli sera automatiquement libéré
de ses dettes sauf si un créancier s'y oppose. Dans ce cas, il
pourra y avoir une médiation ou la Cour
devra analyser le dossier et décidera si oui ou non les dettes seront
effacées.
Les désavantages de la faillite sont: la dépossession
des biens, l'impossibilité de faire libérer certaines dettes
même si le failli obtient sa libération et enfin, la
possibilité que la Cour refuse la libération. Dans ce dernier
cas, le débiteur se retrouve dans la même situation qu'il
était avant sa faillite face à ses créanciers, sauf
qu'il n'a plus d'actif et qu'il ne peut plus transiger car il conserve le
statut de failli non libéré. Cette dernière
possibilité peut survenir seulement lorsque le débiteur a commis
des actes répréhensibles avant ou pendant qu'il est en faillite.
(Un document plus complet traite de ce sujet)

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Révisé le 27 novembre 2003